Lamamra plaide pour le règlement pacifique des conflits lors de la 28° session du Conseil des droits de l’homme

Le Conseil des droits de l’homme a repris, cet après-midi, son débat de haut niveau par lequel il entame les travaux de sa principale session de 2015.  Il a notamment entendu 16 ministres et plusieurs autres hauts dignitaires de pays et d’institutions intergouvernementales.

RAMTANE LAMAMRA,Ministre de affaires étrangères de l’Algérie, a déclaré que l’une des manières d’assurer la protection des droits de l’homme, notamment ceux des populations civiles, est de contribuer au règlement pacifique des conflits.  Dans cette optique, l’Algérie s’est investie depuis juillet 2014 dans une médiation à la demande des parties maliennes.  Cette médiation vient de franchir une étape décisive avec le paraphe, le 1er mars dernier, d’un accord pour la paix et la réconciliation.  Il reste que les populations du Sahel sont la cible de violences armées à l’instigation de groupes terroristes et de bandes criminelles, notamment Boko Haram.  Face à la crise libyenne, l’Algérie s’emploie, avec le concours d’autres intervenants, à leur tête les Nations Unies, à rapprocher les points de vue entre les différentes parties dans la perspective d’une solution politique.

La question palestinienne reste au cœur de l’actualité internationale, a constaté M. Lamamra.  L’agression contre la population civile de Gaza, la destruction ciblée des installations des Nations Unies démontrent la triste actualité de cette crise.  Le peuple palestinien et ses dirigeants continuent de croire au triomphe du droit sur la force en vue de recouvrer leurs droits inaliénables et l’établissement de leur État avec Jérusalem-Est pour capitale.  Comme la négation du droit produit partout des effets similaires, a remarqué le ministre algérien, la situation dans le territoire du Sahara occidental, où le Front Polisario, qui s’est inscrit dans la dynamique du règlement pacifique parrainée par les Nations Unies, se heurte aussi au déni du droit à l’autodétermination d’un peuple dont la résistance dure depuis quarante ans.  Le ministre a demandé que le Haut-Commissariat aux droits de l’homme mette en place un mécanisme de surveillance indépendant de la situation des droits de l’homme au Sahara occidental.

Le Conseil a ainsi entendu cet après-midi les Ministres des affaires étrangères de l’Allemagne, de l’Algérie, de l’Autriche, du Cameroun, de la République tchèque, de l’Arménie, de la Pologne, du Venezuela, de la République populaire démocratique de Corée, du Liban, de l’Afrique du Sud, du Népal, du Danemark et de l’Ouganda, ainsi que les Ministres de la justice du Nigéria et de la Namibie.  Ont également pris la parole une Ministre déléguée auprès du Ministre des affaires étrangères du Maroc, les Vice-Ministres des affaires étrangères d’El Salvador, du Viet Nam, de la République de Corée et de la Bolivie, des Secrétaires d’État aux affaires étrangères de l’Espagne, de la Finlande, de la Serbie et du Monténégro, des Sous-Secrétaires d’État aux affaires étrangères de la Pologne et de Bahreïn, la Commissaire aux droits de l’homme, à l’action humanitaire et à la société civile de la Mauritanie, la Haute Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité et les Secrétaires généraux de l’Organisation de la coopération islamique et du Commonwealth.

Des intervenants ont mis en avant les progrès réalisés par leur pays en matière de droits de l’homme et ont assuré le Conseil de leur volonté d’œuvrer avec lui pour défendre et promouvoir ces droits pour tous, quels que soient les défis, lesquels sont nombreux: extension du terrorisme ou de l’intolérance religieuse, augmentation des discours de haine, limitations à la liberté d’expression, déplacements forcés en raison du changement climatique, entre autres.

De nombreux dignitaires ont abordé les atteintes aux droits de l’homme résultant du terrorisme.  Face à ce que le ministre danois a appelé «la brutalité insensée des attaques terroristes» les États membres du Conseil doivent demeurer fermes dans leur détermination à protéger et défendre les valeurs de sociétés ouvertes, a insisté le ministre autrichien.  Plusieurs intervenants ont ainsi appelé à lutter clairement et sans équivoque contre les groupes terroristes tels que l’«l’État islamique» ou Boko Haram, que le ministre allemand a accusé de n’avoir «aucune idée des concepts de base de la dignité humaine».  À cet égard, le ministre danois a estimé que les Nations Unies représentaient la meilleure chance de la communauté internationale de guider l’humanité vers un avenir meilleur, et que la force du Conseil résidait dans sa composition, qui reflète le «paysage politique mondial», y compris les désaccords qui le traversent, mais peut aussi être la scène où le monde entier se réunit pour trouver des solutions.

Le respect des droits de l’homme ne découle pas uniquement de l’engagement des États pour la dignité de l’être humain, mais constitue aussi une manière très directe et concrète de prévenir les conflits, a estimé le Ministre allemand des affaires étrangères, qui a par ailleurs estimé que le Conseil ne travaille pas seul puisque certains des problèmes qu’il traite concernent aussi le Conseil de sécurité ou la Cour pénale internationale.  Son homologue de l’Algérie a quant à lui estimé que l’une des manières d’assurer la protection des droits de l’homme, notamment ceux des populations civiles, consistait à contribuer au règlement pacifique des conflits.  Le Secrétaire d’État à l’intégration européenne du Monténégro, a dit n’avoir aucun doute quant au fait que toutes les nations se devaient de privilégier les efforts diplomatiques afin de mettre un terme aux conflits de par le monde.

Plusieurs de ces conflits et crises ont été évoqués par les intervenants: outre le terrorisme, ils ont ainsi abordé les situations en Ukraine – notamment en Crimée -, en Syrie, en Palestine et en République populaire démocratique de Corée, autre autres.

Certains dignitaires ont accusé le Conseil de politisation, de sélectivité et de recourir à la pratique du «deux poids, deux mesures», au risque de voir les Nations Unies se transformer en un théâtre permettant à certains États de tourmenter les pays qui leur résistent.  Des appels ont donc été lancés pour que le Conseil exécute son mandat comme un arbitre crédible, instaure davantage de transparence et d’impartialité dans ses travaux afin d’y éviter la politisation et la confrontation qui dominent encore certains débats, et pour qu’il équilibre tous les droits de l’homme, tant civils et politiques qu’économiques et sociaux, y compris le droit au développement.

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Plus d’information : 

Le Conseil des droits de l’homme tient un réunion-débat sur le renforcement de la coopération dans les domaine des droits de l’homme

28th session of the Human Rights Council: Reports

Web Cast : 

H.E. Mr. Ramtane Lamamra, Minister for Foreign Affairs of Algeria – High-Level Segment – 5th Meeting, 28th Regular Session Human Rights Council (2nd – 27th March 2015)