Le chômage a augmenté de plus 25% chez les Palestiniens, selon l’OIT

Des enfants dans le camp de réfugiés de Khan Younis, à Gaza. Photo : UNICEF Palestine / Eyad El Baba

28 mai 2015 – Un processus de paix bloqué, de fortes tensions et les effets de la dernière guerre à Gaza ont contribué à un nouveau déclin du marché du travail lourd de conséquences pour l’économie palestinienne, indique un nouveau rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT), rendu public jeudi.

« La violence, l’occupation et l’expansion continue des colonies israéliennes en Cisjordanie, y compris à Jérusalem-Est, prélèvent un tribut de plus en lourd sur l’économie et le marché du travail palestiniens. Le nombre de chômeurs palestiniens a augmenté de plus d’un quart », a déploré l’OIT dans un communiqué de presse accompagnant la publication du rapport annuel de l’agence sur la situation des travailleurs des territoires arabes occupés.

Le rapport appelle toutes les parties concernées à ne pas se détourner de la crise et à poursuivre la quête d’une solution des deux Etats. Il met l’accent sur la nécessité de mener un authentique processus de négociation qui serve les intérêts de tous, et notamment des travailleurs palestiniens et des entreprises qui les emploient.

« Le poids conjugué de l’occupation persistante et des colonies n’a pas permis le développement d’une économie palestinienne productive et viable, susceptible d’offrir suffisamment de débouchés en termes de travail décent. Si la tendance actuelle se poursuit, le champ des possibilités va encore se réduire », a ainsi mis en garde le Directeur général de l’OIT, Guy Ryder.

Selon le rapport, le nombre total des chômeurs palestiniens a grimpé de plus de 25% en 2014 par rapport à l’année précédente, pour atteindre 338.300 demandeurs d’emploi. Cela se traduit par un taux de chômage moyen de 27% à travers les territoires arabes occupés, le taux de chômage constaté à Gaza étant deux fois supérieur à celui de la Cisjordanie.

Le nouveau rapport indique également que le taux de chômage a presque atteint 40% chez les jeunes hommes et 63% chez les jeunes femmes en 2014. Plus de 70% des Palestiniens ont moins de 30 ans et éprouvent de grandes difficultés à trouver un emploi une fois leurs études terminées.

En 2014, précise le rapport, le produit intérieur brut palestinien (PIB) a connu sa première baisse d’une année sur l’autre depuis 2006. A Gaza, le PIB réel par habitant est inférieur de 30% à celui de 1999.

Constatant l’impasse actuelle du processus de paix, M. Ryder a averti que suspendre les efforts déployés pour parvenir à la solution des deux Etats pourrait avoir « des effets graves, voire dévastateurs, sur l’action menée en vue d’améliorer les conditions d’emploi et les moyens de subsistance des Palestiniennes et des Palestiniens ».

Le rapport de l’OIT met ainsi en garde contre une « spirale descendante » susceptible d’être alimentée par des perspectives économiques et d’emploi peu encourageantes.

Le rapport note toutefois qu’un nombre grandissant de Palestiniens ont accès au marché du travail israélien, avec ou sans les permis requis. Plus de 52.000 Palestiniens travaillent légalement en Israël et 26.000 autres dans les colonies. Certaines restrictions à l’accès des Palestiniens au marché du travail israélien ont été récemment assouplies, précise le rapport, ce qui a été salutaire dans un contexte de taux de chômage des Palestiniens élevé et qui s’aggrave.

Cependant, près d’un tiers des 107.000 Palestiniens qui travaillent dans l’économie israélienne, et de plus en plus dans les colonies, ne jouissent pas des bienfaits des conventions collectives, regrette le rapport. Ils travaillent dans des conditions non réglementées qui peuvent être précaires et s’apparenter à l’exploitation.

« Travailler en Israël devrait rester un choix et non une nécessité pour les Palestiniens », affirme le nouveau rapport de l’OIT.

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