A l’occasion de la journée internationale en faveur des réfugiés, les agences des Nations Unies demandent que l’assistance humanitaire aux refugies sahraouis tienne compte de la nature prolongée de la crise

ALGER –L’Agence des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR) a commémoré la Journée Internationale en faveur des Réfugiés en offrant un iftar aux réfugiés, aux représentants du gouvernement, aux diplomates et aux partenaires. Le iftar est le repas qui est pris chaque soir par les musulmans au coucher du soleil pendant le jeûne du mois de Ramadhan. Cet évènement s’est déroulé au Centre du Fonds Nationale de Promotion des Initiatives de la Jeuneuse et des Pratiques Sportives et avait pour thème que les réfugiés sont des personnes comme toutes les autres qui se trouvent dans des circonstances exceptionnelles.

Les représentants du Programme Alimentaire Mondial (PAM) et du Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) se sont unis au HCR et ensemble les trois agences ont voulu lancer un message urgent concernant la diminution progressive et continue des financements.

Alors que la crise des réfugiés sahraouis entre dans sa quarantième année, les trois agences ont tenu à souligner les souffrances endurées par les hommes et les femmes qui vivent dans les camps aux alentours de la ville de Tindouf, dans le sud-ouest de l’Algérie.  La forte réduction des fonds alloués à «la crise la plus oubliée du monde » se vérifie à un moment très délicat : la durée extrêmement longue de cette crise et l’absence totale de perspectives quant à son règlement politique ne font qu’exacerber la frustration, surtout parmi les jeunes.

« La Journée Mondiale des Réfugiés est une opportunité pour souligner la situation de plus en plus insoutenable des réfugiés du Sahara Occidental en Algérie et pour demander à la communauté internationale de continuer à appuyer la réponse aux besoins des réfugiés », a déclaré le Représentant du HCR en Algérie, M. Hamdi Bukhari. « Le degré d’attention à la crise a fortement diminué, il est éclipsé par le nombre sans précédents des urgences humanitaires qui frappent le monde entier. La réduction des financements se traduira par une diminution de l’assistance et les gens continueront à souffrir».

Les agences des Nations Unies sont confrontées à d’énormes difficultés pour répondre aux besoins humanitaires criants des réfugiés sahraouis, les secteurs de l’eau et de l’alimentation étant les plus touchés. Les réfugiés ne reçoivent que 18 litres d’eau par jour, à titre de comparaison, la consommation journalière par personne est dix fois plus élevée dans le reste du pays. Depuis le mois de Janvier, en vue d’assurer la distribution de vivres malgré la diminution des financements, le PAM a du limiter la diversification des produits alimentaires en achetant les denrées les moins coûteuses.  En Juillet le PAM se verra contraint de réduire le panier alimentaire de base et il n’a pas des ressources pour assurer des rations complètes au-delà de Septembre, alors que la population ne survit que grâce à l’aide venant de l’extérieur.

« Le moment d’arrêter l’assistance alimentaire ne pourrait être plus mal choisi », a déclaré le représentant du PAM en Algérie, M. Romain Sirois. « Le risque est d’annuler les récents progrès enregistres sur le plan nutritionnel, de déclencher des conséquences imprévisibles et de marquer le début de l’instabilité sociale, la distribution de vivres étant une condition essentielle de survie pour les réfugiés qui sont victimes d’une crise prolongée ».

Les réfugiés du Sahara Occidental vivent dans une zone désertique hostile et économiquement vulnérable du sud-ouest de l’Algérie, les conditions climatiques et de vie sont très dures. Dans ce contexte environnemental des plus inhospitaliers, les opportunités d’autosuffisance sont quasi-inexistantes et les réfugiés sont entièrement tributaires de l’assistance humanitaire pour leur survie.

«  Ces réfugiés ont démontré une persévérance extraordinaire pour faire face à l’adversité », a déclaré le représentant d’UNICEF en Algérie, M. Thomas Davin. «  Les agences de Nations Unies qui travaillent dans les camps de réfugiés sahraouis continueront à plaider pour refocaliser l’attention sur cette crise oubliée et sous-financée », a-t-il ajouté.

L’assistance  des Nations Unies est l’une des composantes importantes de l’effort humanitaire en faveur des réfugiés, où des nombreux aspects et de multiples acteurs se retrouvent.  Depuis 1986, le HCR et le PAM fournissent l’assistance alimentaire et de base (santé, eau, assainissement, éducation et logement) aux réfugiés. L’UNICEF est aussi dans les camps pour assurer les campagnes de vaccination et soutenir plusieurs activités éducationnelles.  L’assistance des Nations Unies est entièrement mise en œuvre et monitorée en collaboration avec des organisations nationales et internationales, afin d’assurer que cette dernière parvienne effectivement aux personnes qui en ont besoin.

La crise sahraouie est la plus ancienne opération prolongée du HCR et se classe deuxième parmi les plus longues crises de réfugiés du monde.

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Pour plus de détails, prière de contacter:

Maria Gallar, WFP/Algiers, maria.gallar@wfp.org

Russell Fraser, UNHCR/Tindouf, fraser@unhcr.org

Source  : Communiqué du UNHCR Algérie

Consulter le communiqué en arabe : WRD press release AR : وكالات الأمم المتحدة في الجزائر تدعو إلى المساعدة المستمرة والطويلة الأجل للاجئين الصحراويين  في اليوم العالمي للاجئين