La crise de l’emploi des jeunes s’atténue mais elle est loin d’être terminée, selon l’OIT

Un groupe de jeunes hommes à Hargeisa en Somalie, où le chômage des jeunes est élevé. Photo IRIN/Adrian Leversby

Un groupe de jeunes hommes à Hargeisa en Somalie, où le chômage des jeunes est élevé. Photo IRIN/Adrian Leversby

8 octobre 2015 – Malgré une modeste reprise sur la période allant de 2012 à 2014, le taux de chômage des jeunes demeure bien supérieur à ce qu’il était avant la crise, indique un nouveau rapport de l’Organisation internationale du travail (OIT), rendu public jeudi.

Ce rapport, intitulé ‘2015 Tendances mondiales de l’emploi des jeunes’, note que le taux mondial de chômage des jeunes s’est stabilisé à 13% après une hausse rapide entre 2007 et 2010, mais est encore bien au-dessus du niveau de 11,7% avant la crise.

Le rapport met ainsi en évidence le recul du nombre de jeunes chômeurs à 73,3 millions en 2014, soit 3,3 millions de moins que les 76,6 millions à l’apogée de la crise, en 2009.

Comparé à celui de 2012, le taux de chômage des jeunes a diminué de 1,4 point de pourcentage dans les économies développées et l’Union européenne et d’un demi-point de pourcentage ou moins en Europe centrale et du Sud-Est (hors UE) et dans la Communauté des États indépendants (CEI), en Amérique latine et dans les Caraïbes, et en Afrique subsaharienne. Les autres régions – Asie de l’Est, Asie du Sud-Est et Pacifique, Moyen-Orient et Afrique du Nord – ont enregistré une hausse du taux de chômage entre 2012 et 2014 ou n’ont connu aucun changement, comme en Asie du Sud.

En dépit du recul du nombre de jeunes chômeurs, du fait du rétrécissement de la main-d’œuvre jeune, le taux de chômage des jeunes reste toutefois élevé. Selon les prévisions du rapport, ce taux devrait légèrement augmenter pour atteindre 13,1% en 2015.

« Il est encourageant de voir que les tendances de l’emploi des jeunes s’améliorent si on les compare à notre rapport de 2013 », explique Sara Elder, la principale auteure du rapport. « Mais nous ne devons pas perdre de vue le fait que la reprise n’est pas universelle et que près de 43% de la main-d’œuvre des jeunes dans le monde sont constitués de chômeurs ou de travailleurs qui vivent dans la pauvreté. Il n’est toujours pas facile d’être jeune et de débuter sur le marché du travail aujourd’hui », a-t-elle ajouté.

La proportion mondiale des jeunes dans la main-d’œuvre totale, qu’ils soient employés ou sans emploi, diminue au fil du temps, précise par ailleurs le rapport, notamment parce que davantage de jeunes poursuivent des études.

Cependant, dans les pays à bas revenus, des millions de jeunes gens continuent de quitter l’école pour se mettre à travailler quand ils sont encore trop jeunes. Selon le rapport, 31% des jeunes des pays à bas revenus n’ont aucune qualification, comparé à 6% dans les pays à revenu intermédiaire inférieur et 2% dans les pays à revenu intermédiaire supérieur.

Le rapport met aussi en exergue un écart persistant entre les sexes, le taux d’activité des jeunes femmes étant nettement inférieur à celui des jeunes hommes dans la plupart des régions.

Par ailleurs, l’évolution rapide des technologies, des formes de travail et des relations d’emploi, ainsi que les nouveaux types de start-ups, requièrent une adaptation constante aux nouvelles conditions du marché du travail pour régler les problèmes d’inadéquation des compétences, indique le rapport.

Selon l’étude, offrir aux jeunes la meilleure chance d’accéder à un emploi décent implique d’investir dans l’éducation et la formation de la meilleure qualité possible, en dotant les jeunes de compétences qui correspondent aux exigences du marché du travail, en leur donnant accès à la protection sociale et à des services de base quel que soit leur type de contrat, ainsi qu’en harmonisant les règles du jeu afin que tous les jeunes qui ont de l’ambition puissent obtenir un emploi productif quels que soient leur sexe, leur niveau de revenu ou leurs origines socio-économiques.

« Nous savons qu’aujourd’hui la transition des jeunes vers la vie active n’est pas facile ; avec le ralentissement économique mondial qui perdure, cela devrait continuer, mais nous savons aussi qu’investir davantage dans une action ciblée pour stimuler l’emploi des jeunes est profitable. Il est temps d’intensifier notre action pour soutenir l’emploi des jeunes », a déclaré la Directrice du Département des politiques de l’emploi de l’OIT, Azita Berar Awad.

 


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