Le Secrétaire général expose devant le Conseil de sécurité son initiative sur les opérations de paix

Le Secrétaire général de l’ONU a présenté, ce matin, devant le Conseil de sécurité une série de recommandations visant à améliorer les opérations de paix.  Dans son rapport* sur « L’avenir des opérations de maintien de la paix des Nations Unies: application des recommandations du Groupe indépendant de haut niveau chargé d’étudier les opérations de paix », il recense les 10 domaines**, dans lesquels les mesures du Conseil de sécurité pourront jouer un rôle clef pour adapter ces opérations à la nature évolutive des conflits, dont le coût humain, politique et financier continue de s’alourdir.

La plupart des membres du Conseil ont appuyé deux propositions en particulier, la première ayant trait à l’adoption de mandats ordonnancés qui permettent de définir le rang de priorité des opérations, la seconde relative à la façon dont le Conseil pourrait mettre à profit son influence politique pour promouvoir des solutions politiques.  La nécessité de renforcer les partenariats de l’ONU avec les organisations régionales, en particulier l’Union africaine, « partenaire régional le plus important de l’ONU », a également été évoquée par de nombreuses délégations.

Le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, a commencé son intervention en expliquant que la prévention était le moyen le plus efficace d’enrayer l’inflation du coût des conflits.  « C’est également le meilleur moyen de soutenir les partenaires nationaux et régionaux qui se trouvent aux avant-postes de la prévention », a-t-il estimé.  L’unité des membres du Conseil autour d’une stratégie politique commune, a-t-il dit, peut se traduire par un « effet puissant ».

« Vos déclarations publiques et vos concertations privées avec les parties peuvent façonner les perceptions et les actions sur le terrain », a assuré M. Ban, en soulignant qu’un engagement précoce était d’autant plus efficace lorsqu’il est collectif.  Il a en outre estimé que l’engagement du Conseil auprès du pays hôte était déterminant pour veiller à ce que ce dernier s’acquitte de ses obligations concernant les Casques bleus et le personnel civil.

Les mandats des missions de maintien de la paix devraient être mieux adaptés à la situation du pays concerné et à l’évolution du conflit, tout en étant « réalistes » et « réalisables », a recommandé le Secrétaire général.  Partisan d’une « approche par étape », il a estimé que des mandats élaborés de la sorte devraient permettre une meilleure interaction avec les parties.  Il a ainsi annoncé son intention d’adopter une série de mesures en vue de renforcer l’analyse et la planification au Secrétariat, sur le terrain et à travers tout le système des Nations Unies.

De son côté, a-t-il souligné, le Conseil a la responsabilité de veiller à ce que les Casques bleus reçoivent les équipements et moyens nécessaires pour s’acquitter de leurs mandats dans des théâtres d’opérations toujours plus complexes et dangereux.  Cela suppose aussi de recourir, au besoin à la force, même si, pour M. Ban, cela ne peut se substituer à la recherche de solutions politiques.  Pour le Secrétaire général, il faudrait institutionnaliser le dialogue avec les organisations régionales, en particulier l’Union africaine, qui est le « partenaire régional le plus important de l’ONU », notamment pour la planification et la conduite des opérations de paix.

La majorité des États membres ont souhaité que les processus de médiation et de règlement politique soient placés au centre de l’architecture de paix de l’ONU.  Le Conseil a, dans ce contexte, « un rôle crucial à jouer », a ainsi estimé la représentante de la Jordanie.  Les priorités du pays hôte doivent dans le même temps être dûment prises en compte, a estimé le représentant du Tchad.  Le Conseil et tout le système de l’ONU, a estimé, pour sa part, le délégué de la Nouvelle-Zélande, devraient s’investir davantage dans la prévention des conflits, en utilisant au mieux leur « potentiel politique collectif » pour arriver à des règlements politiques.

Les délégations ont été nombreuses à souhaiter des mandats ordonnancés, en vue de parvenir, comme l’a affirmé le représentant des États-Unis, à des opérations de paix plus efficaces, et ce, « à toutes les étapes ».  « Au moment où le Conseil établit une opération de paix, il ne fait que commencer son travail », a-t-il noté.  La représentante de la Malaisie a toutefois indiqué que certaines conditions devraient être remplies, telles que l’appui logistique et les coûts financiers, tandis que son homologue de l’Espagne a souhaité que ces mandats ne remettent pas en cause des activités aussi fondamentales que la protection des civils.

Apportant une nuance à ce point de vue, le représentant de la Fédération de Russie a rappelé qu’il s’agissait d’un des éléments des opérations de paix et non pas d’« une fin en soi ».  La protection des civils, a-t-il insisté, incombe en premier lieu au pays hôte.  Le représentant russe a par ailleurs souhaité une réforme équilibrée et rationnelle de l’architecture de paix, à rebours de l’approche du Secrétariat, « où tout le monde s’occupe de tout et où personne n’est responsable de rien ».  « Les acteurs sur le terrain doivent être responsabilisés et autonomisés, grâce à une décentralisation du Siège vers le terrain », a proposé, quant à lui, le représentant de la France.

Enfin, de nombreuses délégations, dont celles de la Chine, du Nigéria et du Tchad, ont souhaité une interaction accrue avec l’Union africaine car, ont-ils fait remarquer, l’écrasante majorité des opérations de paix sont déployées en Afrique.  Les avantages comparatifs de l’Union africaine tels que la proximité, la légitimité, la capacité d’intervention rapide, ne sont plus à démontrer, a affirmé le délégué du Tchad.  Ce dernier, à l’instar d’autres membres du Conseil, a tenu à rendre hommage aux victimes de la prise d’otages qui se déroulait à Bamako, la capitale du Mali, au moment même où le Conseil tenait sa réunion.  Le représentant du Royaume-Uni a assuré que le Conseil de sécurité restera engagé en faveur de la stabilisation du Mali.

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