Le Conseil de sécurité appelle les Etats Membres à prendre des mesures pour prévenir la radicalisation des jeunes

9 décembre 2015 – Le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté mercredi, à l’unanimité de ses 15 membres, une résolution appelant les Etats du monde à prendre des mesures pour prévenir la radicalisation des jeunes et en supprimer les causes.

Dans cette résolution, le Conseil constate avec préoccupation que, dans la population civile, les jeunes de 18 à 29 ans « représentent une forte proportion des personnes, réfugiées et déplacées notamment, qui subissent les effets des conflits armés, et que le fait qu’ils soient privés d’accès à l’éducation et de perspectives économiques est fortement préjudiciable à l’instauration durable de la paix et à la réconciliation ».

Il constate également que « l’adhésion à la violence et à l’extrémisme violent qui découle d’un mouvement de radicalisation touchant particulièrement les jeunes constitue une menace pour la stabilité et le développement, et a souvent pour effet de compromettre la consolidation de la paix et d’alimenter le conflit ». Il souligne qu’il importe de « supprimer les causes et les facteurs de radicalisation des jeunes qui conduisent à la violence et à l’extrémisme violent et, dans certains cas, au passage à l’acte terroriste ».

Le Conseil s’inquiète que les terroristes et leurs partisans utilisent de plus en plus les technologies de l’information et de la communication, dont Internet, pour recruter des jeunes et les inciter à perpétrer des actes terroristes ainsi que pour financer, planifier et préparer leurs activités.

Il souligne que les États Membres de l’ONU doivent « agir dans un esprit de coopération pour empêcher les terroristes de tirer parti de la technologie, des moyens de communication et d’autres ressources à des fins d’incitation à la commission d’actes de terrorisme, et ce dans le respect des droits de l’homme, des libertés fondamentales et de toutes autres obligations dérivant du droit international ».

Il exhorte les États Membres à « examiner les moyens d’accroître la représentation inclusive des jeunes à tous les niveaux dans les instances de décision des institutions et dispositifs locaux, nationaux, régionaux et internationaux de prévention, et de règlement des conflits, y compris ceux qui luttent contre l’extrémisme violent, qui peut faire le lit du terrorisme ».

Il demande à tous les acteurs concernés, y compris lorsqu’ils négocient ou mettent en œuvre des accords de paix, d’y associer les jeunes et de tenir compte de leurs vues selon qu’il convient, sachant que la marginalisation de la jeunesse est préjudiciable à l’établissement d’une paix durable dans toutes les sociétés.

Il demande à toutes les parties à un conflit armé de respecter scrupuleusement les obligations que leur fait le droit international en matière de protection des civils, y compris des jeunes, notamment celles qui découlent des Conventions de Genève de 1949 et de leurs protocoles additionnels de 1977. Il leur demande également de prendre les mesures nécessaires pour protéger les civils, y compris les jeunes, contre toutes les formes de violence sexuelle ou sexiste.

Le Conseil exhorte les États Membres à « créer un environnement porteur dans lequel les jeunes de tous horizons aient leur place et bénéficient de l’appui nécessaire pour mener des activités de prévention de la violence et favoriser la cohésion sociale ».

Il souligne qu’il importe de concevoir des politiques pour la jeunesse qui viennent renforcer les activités de consolidation de la paix et notamment favoriser le développement économique et social, appuyer les projets de développement de l’économie locale et offrir aux jeunes des perspectives d’emploi et de formation technique, en stimulant l’éducation, l’esprit d’entreprise et l’engagement politique constructif de la jeunesse.

Il demande également aux États Membres d’agir, s’il y a lieu, en faveur d’une éducation pour la paix de qualité, qui donne aux jeunes les moyens de participer de façon constructive à la vie de la société civile et aux activités politiques inclusives.

Il demande à tous les acteurs compétents « d’envisager la mise en place de dispositifs de promotion d’une culture de paix, de la tolérance et du dialogue interculturel et interreligieux, qui donnent une place aux jeunes et les dissuadent de prendre part à des actes violents, terroristes ou xénophobes, et de pratiquer toute forme de discrimination ».

Il souligne le rôle crucial que joue la Commission de consolidation de la paix de l’ONU dans la lutte contre les causes et les facteurs de radicalisation des jeunes qui conduisent à l’extrémisme violent et, dans certains cas, au passage à l’acte terroriste, en faisant figurer dans ses avis et recommandations sur les stratégies de consolidation de la paix des mesures consistant à associer véritablement les jeunes aux activités qui se déroulent pendant et après les conflits armés.

Enfin, le Conseil engage les États Membres à « se rapprocher des communautés locales et des acteurs non gouvernementaux pour arrêter des stratégies de nature à permettre de faire pièce au discours de l’extrémisme violent susceptible d’inciter à des actes terroristes, à s’attaquer aux conditions qui sont le terreau de l’extrémisme violent, qui sont propres à faire le lit du terrorisme, et notamment en responsabilisant les jeunes, les familles, les femmes et les dignitaires du monde de la religion, de la culture et de l’éducation et tous autres groupes concernés de la société civile et à se donner des approches spécialement adaptées pour faire obstacle à tout recrutement dans ce type d’extrémisme violent et promouvoir l’inclusion et la cohésion sociales ».

Pour plus d’informations :

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