COP21 : des voitures électriques aux verres recyclables, la Conférence de l’ONU a été ’verte’

14 décembre 2015 – La Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21) à Paris, qui s’est achevée samedi 12 décembre par l’adoption d’un accord historique sur le climat, s’est efforcée pendant deux semaines d’être le plus ‘vert’ possible, qu’il s’agisse des voitures électriques ou des verres recyclables.

Le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) a travaillé avec les organisateurs de la COP21 (la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et le gouvernement français) pour s’assurer que le site du Bourget, au nord-est de Paris, où avait lieu la Conférence, limite au maximum son empreinte carbone.

Le site de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21). Photo : Stéphanie Coutrix

« Nous estimons que le gaspillage alimentaire est le troisième plus grand émetteur de gaz à effet de serre après quelques pays », a expliqué Fanina Kodre-Alexander, responsable de la communication sur les changements climatiques, les catastrophes et les conflits au PNUE, dans un entretien avec le Centre d’actualités de l’ONU.

Pour réduire les déchets, tous les aliments fournis aux événements du PNUE, y compris lors de la COP21, venait de « nourriture sauvée », qui aurait autrement été détruite. Mme Kodre-Alexander a souligné que ces aliments ont toujours été présentés de manière « très appétissante ».

Autre aspect intéressant à la COP21 en lien avec l’alimentation et qui a suscité beaucoup d’intérêt, la présence de boulangers sur le site, ce qui a permis d’éviter le transport de baguettes fraîches chaque jour.

Ces boulangers ont reçu le Centre d’actualités de l’ONU dans leur laboratoire, que les participants à la conférence pouvaient voir derrière une mince bâche plastique transparente.

Chaque jour, les boulangers de la COP21 ont produit dix mille petits pains, ce qui a évité de les transporter. Histoire en photos de Stéphanie Coutrix

Pour aller avec le pain, il y a bien sûr le café.

« Nous sommes très heureux de voir qu’ils utilisent des verres recyclables », a souligné Mme Kodre-Alexander. « La méthode qu’ils ont utilisée a consisté à faire en sorte que les gens les ramènent pour obtenir un crédit. Cela a bien marché et vous ne les voyez pas abandonnés ou dans des poubelles ».

Le site de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21). Photo : Stéphanie Coutrix

En outre, dans les sacs de bienvenue remis à tous les participants figuraient des bouteilles d’eau pour limiter le nombre de bouteilles en plastique achetées. Des bornes fontaines pour les remplir étaient installées un peu partout, de même que de nombreux bacs à recyclage, clairement étiquetés pour séparer le papier, les plastiques et les déchets organiques.

« Le PNUE a également essayé d’éviter le papier autant que possible », a souligné Mme Kodre-Alexander. « Certains documents doivent être imprimés et distribués, mais nous croyons à la solution de fournir des liens vers notre site web ou des clés USB ».

Samedi, la version finale imprimée de l’accord a été remise aux délégués pour examen. Ce fut l’un des rares moments où un document papier a été vu dans la salle de la conférence.

Le site de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21). Photo : Stéphanie Coutrix

Scenes from COP21. Photo: Stephanie CoutrixD’autres options écologiques étaient disponibles pour se rendre sur le site du Bourget. Outre des bus publics gratuits, 300 voitures électriques ont été fournies par l’entreprise Renault-Nissan. Une réservation pouvait être faite en ligne quelques heures à l’avance, ou en personne avec un peu d’attente supplémentaire. 200 chauffeurs étaient des professionnels, tandis que le reste faisait du volontariat pour aider à limiter l’empreinte carbone de la COP21. Selon Renault-Nissan, un total de 16,32 tonnes de dioxyde de carbone a été évité pendant les deux semaines grâce à cette initiative.

Le site de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP21). Photo : Stéphanie Coutrix

Pour recharger les téléphones portables, des bornes étaient mises à disposition par une entreprise appelée Solar Sound Systems. Contrairement à une prise électrique habituelle, les participants devaient pédaler pour activer la recharge.

Malgré toutes ces options ‘vertes’, le Centre d’actualités de l’ONU a demandé à Mme Kodre-Alexander si elle aurait souhaité davantage lors de cette conférence.

« Personnellement, il y a toujours la question du chauffage et de la climatisation », a-t-elle répondu. « Je trouve toujours que si vous surchauffez des lieux et climatisez d’autres, vous consommez beaucoup de ressources qui seraient normalement préservées ».

C’est peut-être un aspect à considérer l’année prochaine, quand une nouvelle Conférence des Parties (COP) se réunira en novembre prochain à Marrakech, au Maroc.

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