Présentation du rapport national sur le développement humain en Algérie

Présentation du Rapport National sur le développement Humain, Photo : El Moudjaihid

Le président du Conseil national économique et social, Mohamed-Seghir Babès, a plaidé, hier, pour la révision des politiques publiques relatives au profit des jeunes afin de faire de cette frange de la société des acteurs « actifs » du développement durable.

C’est du moins ce que soutient le PNUD, le programme des Nations unies pour le développement, qui assure, par la voix de sa représentante et résidente en Algérie, que les progrès du développement humain en Algérie sont «incontestables». «Dédié à la jeunesse, ce rapport innove en ce sens qu’il esquisse l’élaboration d’un indice de développement humain durable axé sur les jeunes. Il innove encore en prenant notamment en compte dans l’analyse les aspects relatifs à l’emploi et la participation sociale ainsi que la qualité de l’éducation à travers l’accès aux technologies de l’information et de la communication», s’est félicité Cristina Amaral lors de la présentation, hier, à la résidence El-Mithak (Alger), par le CNES (le Conseil national économique et social) du rapport national sur le développement humain. 

Pour illustrer les bonnes notes attribuées à notre pays, soulignons que le rapport mondial du développement durable a classé, en 2015, l’Algérie au 83e rang sur 185 pays, soit une progression de 10 places comparativement à 2014. Mieux, notre pays pointait à la 102e place lorsque commença l’exercice en 2006.

Des résultats qui lui permettent de préserver et surtout de consolider son rang au sein du groupe de pays dits à «développement humain élevé», précise l’instance onusienne, qui affirme que la «bonne» performance de l’Algérie s’est accomplie grâce aux «efforts» effectués, comme le montre l’analyse des facteurs ayant produit ce saut qualitatif, atteint en particulier sur deux volets. «En premier lieu, celui des revenus qui, avec un RNB/per, le revenu national brut par personne, qui s’élève à 13.054 dollars exprimé en parité pouvoir d’achat (PPA), aurait placé l’Algérie à la 60e place au niveau mondial. Le second volet santé qui, avec une espérance de vie de 74,8 ans, place notre pays au 72e rang dans le monde, tandis qu’au chapitre éducation, une partie de l’indice se trouve être extrêmement avantageuse pour l’Algérie dans la mesure où la durée attendue de scolarisation la place au 56e rang mondial», a expliqué la représentante et résidente du PNUD en Algérie, en présence des ministres de l’Éducation nationale et de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

 Par rapport aux pays de l’Afrique du Nord, il semble que l’Algérie se détache «très nettement» lorsqu’on apprend que la Tunisie se maintient difficilement dans le groupe de pays «à développement humain élevé» (96e place), de la même façon que la Libye (94e place) qui a, pour sa part, marqué un recul de 11 places. En revanche, l’Égypte et le Maroc se situent, quant à eux, dans le groupe des pays «à IDH moyen» respectivement à la 108e et 126e place. Au niveau mondial, l’Algérie maintient également sa progression, avec un rythme qui réduit de plus en plus l’écart qui la distance des deux premiers agrégats régionaux les plus avancés (Europe, d’une part, et Asie centrale/Amérique latine, d’autre part).

Pour le PNUD, le RNDH de 2015 marque une «nouvelle étape» et s’inscrit pleinement de par son thème dédié aux jeunes dans la stratégie 2014-2017 du PNUD pour la jeunesse. «Il rassemble de façon quasi-exhaustive et analyse de façon pertinente les données sur les secteurs de la santé, de l’éducation et de la formation, de l’emploi et des dispositifs de création d’emploi, des activités et des revenus, et de la participation sociale. Ce qui représente un double avantage : celui de rassembler des données éparses et souvent difficiles d’accès et celui de présenter ces données désagrégées par âge pour faire apparaître la situation spécifique de la jeunesse», a indiqué Cristina Amaral, qui dit être «satisfaite» de la «bonne» coopération entre son organisation et le CNES.  «L’Algérie a mené des consultations nationales exemplaires sur le futur que nous voulons et sur l’Agenda 2030», a-t-elle estimé, ajoutant que ce rapport sera un «outil fondamental» pour le dialogue national autour de la mise en œuvre des Objectifs du développement durable.

Pour le président du CNES, le RNDH est doublement inédit

Pour sa part, le président du CNES a salué la présente version du rapport national sur le développement humain et la qualifie de «doublement» inédite.

«D’abord parce qu’elle emprunte un format non conventionnel, celui d’un triennium (2013-2014-2015) qui a la vertu d’autoriser une analyse agrégative des stocks davantage propices à un décryptage robuste du spectre indiciel réservé au développement humain, contrairement à la seule analyse des flux. Ensuite, par le fait que ce spectre indiciel de développement humain est soumis pour la première fois à une désagrégation permettant de le projeter sur une catégorie particulière de la population, en l’occurrence la jeunesse», a analysé Mohamed Seghir Babès, qui souligne que le RNDH 2015 se propose dans son nouveau format d’être le prétexte à «revisiter» les politiques publiques dédiées au processus de renforcement du potentiel des jeunes, mais aussi «d’examiner» la manière dont ce capital est mis à profit pour être un «acteur influent» de la vie économique et sociale et «contributeur» à la création de la richesse.

D’où justement l’intérêt de la thématique de ce rapport, en l’occurrence «Quelle place pour les jeunes dans la perspective du développement humain durable en Algérie ?». «Nous aspirons à assurer une plus grande cohérence dans la réduction des inégalités intercatégorielles, intergénérationnelles, intergendorielles et interterritoriales, de sorte à garantir une optimisation des politiques publiques dédiées au capital humain visant au final un développement durable du pays», a enfin affirmé le président du CNES. M. Babès a spécifié qu’«une priorité doit tout naturellement être accordée aux jeunes afin de les aider, en tant que citoyens éclairés, à construire leur personnalité et à appréhender la complexité de leur société en soi et par rapport au reste du monde». Il a stipulé, dans ce sens, que «l’école doit jouer un rôle de choix dans  ce cadre. Elle doit, de ce fait, s’emparer des questions de l’heure pour faire des jeunes des acteurs actifs du développement durable».

 Indices du développement humain en Algérie (IDH)

• Depuis 1999, l’IDH de l’Algérie a progressé à un rythme annuel de 1,04%, ce qui est nettement au-dessus de la moyenne du groupe des pays à développement humain élevé (0,95%) ou des pays arabes (0,90%).

• L’espérance de vie se situe à 74,8 ans. Elle est de 75,1 ans pour les pays à développement humain (IDH) élevé et 68,6 ans pour l’IDH moyen.

• L’espérance de vie scolaire s’élève à 14 ans quand elle est de 13,6 ans pour les IDH élevé et 11,8 ans pour l’IDH moyen.

• La durée moyenne de scolarisation est de 7,6 ans contre 8,2 ans pour l’IDH élevé et 6,2 ans pour l’IDH moyen.

• Revenu brut par tête est estimé à 13.054 dollars. Il s’élève à 13.961 dollars pour l’IDH élevé et 6.353 dollars pour l’IDH moyen.

• Taux de chômage des jeunes : 29,9%.

• La part du travail rémunéré revenant aux hommes représente 93% contre 7% aux femmes.

• Sur 6 heures de travail rémunéré, les femmes en travaillent 5.

• Lorsqu’elles sont rémunérées, les femmes gagnent 24% de moins que les hommes.

Pour plus d’informations :

Lire cet article depuis sa source : Quotidien national El Moudjahid

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