Humanitaire : Ban Ki-moon appelle les Etats à un effort sans précédent face aux immenses défis actuels

9 février 2016 – Le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a appelé mardi les nations du monde à un effort humanitaire sans précédent pour faire face aux immenses défis auxquels est confrontée l’humanité.

Dans un discours devant l’Assemblée générale des Nations Unies, M. Ban a présenté un rapport intitulé « Une humanité unique, une responsabilité partagée » et destiné à servir de base aux travaux du Sommet humanitaire mondial prévu pour les 23 et 24 mai prochains à Istanbul (Turquie). Il a brossé un tableau sombre de la situation actuelle dans le monde, évoquant « des conflits d’une grande brutalité et apparemment insolubles qui détruisent les vies de millions de personnes et déstabilisent des régions entières » et « l’extrémisme violent, le terrorisme et la criminalité transnationale qui créent une instabilité persistante ».A cela s’ajoutent « l’élargissement du fossé entre riches et pauvres (qui) marginalise et attise l’hostilité des membres les plus vulnérables des sociétés » et le changement climatique dont l’impact sur les sociétés est profond, a-t-il dit.« Les besoins sont aujourd’hui à des niveaux records », a poursuivi M. Ban, selon lequel « l’urgence de ces défis et l’étendue des souffrances sont telles que la communauté internationale doit accepter de partager les responsabilités et agir de manière décisive, avec compassion et détermination ».

En vue du Sommet d’Istanbul, le Secrétaire général a présenté un « Agenda pour l’humanité », appelant les Etats à s’unir et à coopérer pour prévenir et mettre fin aux crises et réduire les souffrances et la vulnérabilité des peuples.

 

Une petite fille syrienne est assise sur une chaise cassée dans le camp Faida 3, un village de tentes pour réfugiés syriens dans la vallée de la Bekaa, au Liban. Photo: UNICEF/Alessio Romenzi

Une petite fille syrienne est assise sur une chaise cassée dans le camp Faida 3, un village de tentes pour réfugiés syriens dans la vallée de la Bekaa, au Liban. Photo: UNICEF/Alessio Romenzi

Son Agenda est basé sur 5 responsabilités :

1/ les dirigeants du monde doivent « assumer leur responsabilité de mettre fin aux conflits et d’en prévenir de nouveaux ».

2/ les Etats doivent « affirmer leur responsabilité de respecter les normes qui protègent l’humanité, en se conformant aux règles qu’ils ont approuvées en matière de droit humanitaire international et de droits de l’homme ».

3/ personne ne doit être laissé de côté, notamment ceux qui sont les plus difficiles à atteindre comme les personnes déplacées du fait d’un conflit ou d’une catastrophe naturelle.

4/ la communauté internationale a la responsabilité de changer la vie des populations en passant d’une situation où elle fournit de l’aide humanitaire à une situation où les besoins n’existent plus, notamment grâce à une meilleure anticipation des crises.

5/ elle doit enfin investir dans l’humanité — en améliorant les capacités au niveau local, en réduisant les risques et en édifiant des institutions efficaces et inclusives.

M. Ban a également souligné la nécessité pour la communauté internationale de trouver de nouveaux moyens, plus efficaces, de financer son action et de mobiliser des ressources.« J’ai proposé que nous établissions une nouvelle plateforme internationale de financement avec la Banque mondiale, afin de pouvoir explorer de nouveaux mécanismes pour financer de manière plus prévisible et plus adéquate la réponse collective aux crises prolongées et aux contextes fragiles », a-t-il dit.Il a appelé les dirigeants du monde à participer au Sommet humanitaire mondial au niveau du chef d’Etat ou de gouvernement et d’être prêts à s’engager en faveur de son Agenda pour l’humanité.