Le chef de l’ONU réclame un débat rationnel concernant les migrations

 

 

 

20 juin 2017 – En cette Journée mondiale des réfugiés, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a réclamé mardi un débat rationnel concernant les migrations, insistant sur le respect des droits humains tout en traitant les problèmes liés à la mobilité humaine.

« J’appelle à un débat rationnel en matière de migrations. Bien sûr, les pays ont le droit d’appliquer leurs propres politiques migratoires, mais ils doivent le faire dans le plein respect des droits de l’homme, tout en développant des politiques de coopération capables de résoudre les problèmes de mobilité humaine », a déclaré M. Guterres lors d’une conférence de presse au siège de l’ONU à New York.

Il a rappelé que la situation a considérablement changé aujourd’hui quand il la compare avec la période pendant laquelle il était Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, de 2005 à 2015.

« Au cours des dix années où j’ai été Haut-commissaire pour les réfugiés, je dois dire que, de manière générale, le droit international était respecté. Les frontières étaient, en général, ouvertes, avec très peu de situations où les réfugiés étaient rejetés ou renvoyés dans leur pays d’origine », a-t-il dit.

Aujourd’hui, « nous voyons de plus en plus de frontières fermées, de plus en plus de réfugiés rejetés, dans les pays du monde développé. Nous voyons une diminution des possibilités de réinstallation dans les pays riches pour les réfugiés venant du Sud ».

Tout n’est pas négatif et un grand nombre de pays continuent de fournir une protection aux réfugiés dans des circonstances difficiles. Le chef de l’ONU a pris l’exemple de l’Ouganda, où il va se rendre cette semaine.

« L’Ouganda reçoit, très généreusement, des réfugiés des pays voisins. Il compte maintenant plus de 1,3 million de réfugiés, dont 950.000, rien que du Soudan du Sud. Il leur fournit non seulement une protection, mais aussi des lots de terre et la capacité de vivre non pas dans des camps, mais au sein des communautés », a-t-il souligné.

Dans ce contexte mondial, M. Guterres a souhaité lancer cinq appels.

« Premièrement, j’appelle les États membres qui ne le font pas, à rétablir l’intégrité du régime international de protection des réfugiés, ce qui signifie avoir le droit, évidemment, de gérer leurs frontières de manière responsable, mais aussi de les gérer de manière humaine et ne pas refuser l’entrée à ceux qui demandent l’asile et qui méritent d’être protégés », a-t-il dit.

« Deuxièmement : reconnaître qu’il n’y a pas de solution humanitaire s’agissant des réfugiés, la solution est politique », a-t-il ajouté. « Troisièmement : le soutien humanitaire aux réfugiés est encore largement sous-financé », ce qui signifie que « la majorité des réfugiés vivent sous le seuil de pauvreté ».

« Quatrièmement : j’appelle les pays du monde développé à exprimer une solidarité beaucoup plus forte envers les pays de premier asile dans le Sud », a-t-il encore dit. « Et enfin : je demande aux pays du monde développé d’augmenter leurs quotas de réinstallation au moins aux niveaux existant il y a deux ou trois ans ».