Syrie : face à la recrudescence des violences, l’ONU appelle à une action internationale

10 février 2018 – Les Nations Unies ont appelé samedi la communauté internationale à agir face à la recrudescence des violences en Syrie où plus de 1.000 civils ont été victimes de frappes aériennes rien que pour la première semaine de février.

Une pompe servant de point d’eau dans la zone assiégée de la Ghouta orientale, en Syrie (archive). Photo OCHA

Samedi soir, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé toutes les parties concernées à œuvrer en faveur d’une « désescalade immédiate et inconditionnelle de la violence » et à faire preuve de retenue.

« Le Secrétaire général suit de près l’escalade militaire alarmante dans toute la Syrie et les retombées dangereuses à travers ses frontières » a indiqué son porte-parole, Stéphane Dujarric, dans une déclaration de presse. « Les derniers événements surviennent alors que le peuple syrien souffre de l’une des périodes les plus violentes de presque sept années de conflit », a-t-il précisé.

Plus tôt dans la journée, le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a appelé à « une action internationale urgente » après une semaine de violences et d’effusions de sang, principalement causées par des frappes aériennes, dans les régions syriennes de la Ghouta orientale et d’Idlib.

« La semaine dernière a été l’une des périodes les plus sanglantes de tout le conflit, avec des frappes aériennes successives qui ont fait des victimes civiles dans les régions de Ghouta orientale et d’Idlib », a déclaré M. Zeid dans un communiqué de presse.

Entre le 4 et le 9 février, 277 civils ont été tués – 230 d’entre eux par le gouvernement syrien et ses alliés – et 812 autres ont été blessés, selon les informations rapportées au Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH).

En Syrie, les établissements médicaux n’ont pas été épargnés. Au moins neuf d’entre eux, dont six à Idlib et trois dans la Ghouta orientale, ont été touchés par des frappes aériennes. « Ce sont des développements exceptionnellement déplorables et une ironie cruelle étant donné que les deux lieux ont été déclarés ‘zones de désescalade’ », a dit le Haut-Commissaire.

Pour M. Zeid qui a servi au sein de la Force de protection des Nations Unies en Ex-Yougoslavie (FORPRONU), le terme ‘zone de désescalade’ fait trop penser aux soi-disant ‘zones de sécurité’ en Bosnie, « qui se sont révélées tout sauf sûres, comme nous l’ont rappelé les récents procès de Ratko Mladic et de Radovan Karadzic », a-t-il rappelé.

Guterres appelle au respect du droit international, Zeid à un renvoi devant la CPI

Le chef de l’ONU a une fois de plus souligné que toutes les parties concernées en Syrie et dans la région ont une responsabilité et doivent respecter le droit international et les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité.

« Le Secrétaire général a en outre appelé les parties à avancer rapidement vers une solution politique, conformément à la résolution 2254 du Conseil de sécurité, qui est le seul moyen de mettre fin à la violence et aux terribles souffrances du peuple syrien », a souligné son porte-parole.

Pour le chef des droits de l’homme de l’ONU, le conflit syrien s’est poursuivi, avec la participation active d’autres États, « pendant sept années imbibées de sang et sans fin en vue », a-t-il dit, appelant à combattre le climat d’impunité qui prévaut et à protéger les civils.

« Après sept années de paralysie au Conseil de sécurité, la situation en Syrie appelle à un renvoi devant la Cour pénale internationale, ainsi qu’à un effort beaucoup plus concerté de la part des États pour ramener la paix », a déclaré M. Zeid.

Pour le Haut-Commissaire, la conduite et la gestion de la guerre en Syie ont été totalement honteuses dès le début, « et l’échec à y mettre fin marque un échec épique de la diplomatie mondiale », a précisé celui qui a annoncé en décembre ne pas solliciter un renouvellement de son mandat.