L’ONU appelle les gouvernements et les entreprises à promouvoir, protéger et respecter les droits environnementaux

PNUE
Menongue, province de Cuando-Cubango, Angola : des filles en tenue traditionnelle avec leurs visages et leurs corps peints en blanc participent à l’inauguration d’une école pour les gardes forestiers lors de la Journée mondiale de l’environnement (2016).

6 Mars 2018 -Dénonçant les menaces visant les défenseurs de l’environnement, les Nations Unies ont lancé mardi une initiative destinée à convaincre les gouvernements et le secteur privé à protéger et défendre les droits environnementaux.

« Ceux qui luttent pour protéger la planète et les gens devraient être célébrés comme des héros, mais la triste réalité est que beaucoup paient un lourd tribut pour leur sécurité et parfois le paient de leur vie », a déclaré le Directeur exécutif du PNUE, Erik Solheim, à l’occasion du lancement à Genève de l’Initiative des Nations Unies sur les droits environnementaux.

Bien que depuis les années 1970 les droits environnementaux se soient développés plus rapidement que tout autre droit humain et soient inscrits dans plus de 100 constitutions, l’organisation non gouvernementale Global Witness a signalé en janvier que près de quatre défenseurs de l’environnement sont tués chaque semaine et que le chiffre réel est probablement beaucoup plus élevé.

Beaucoup d’autres défenseurs de l’environnement sont harcelés, intimidés et forcés de quitter leurs terres. En outre, entre 40 et 50% des 197 défenseurs de l’environnement tués en 2017 provenaient de communautés autochtones et locales.

« Les violations des droits environnementaux ont un impact profond sur toute une série de droits humains, y compris les droits à la vie, à l’autodétermination, à la nourriture, à l’eau, à la santé, à l’assainissement, au logement, ainsi que les droits culturels, civils et politiques », a déclaré le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein. Il a fait référence à de récentes visites en Papouasie-Nouvelle-Guinée et à Fidji où il a constaté l’impact des industries extractives et du changement climatique sur les droits individuels.

« Il est crucial que les personnes les plus touchées puissent participer de manière significative aux décisions relatives à la terre et à l’environnement », a-t-il souligné.

Il a noté deux tendances actuelles inquiétantes. La première est l’augmentation des intimidations et des meurtres de défenseurs de l’environnement, et la seconde est la tentative de certains pays de limiter les activités des ONG.

« Les Etats ont la responsabilité de prévenir et de punir les violations des droits commises par les sociétés privées sur leur territoire, et les entreprises ont l’obligation d’éviter de porter atteinte aux droits humains des autres », a poursuivi M. Zeid. « J’espère que cette nouvelle initiative sera en mesure d’encourager les États et les entreprises à se conformer à ces obligations ».

L’initiative aidera notamment les gouvernements à renforcer leurs capacités institutionnelles à élaborer et à mettre en œuvre des cadres politiques et juridiques protégeant les droits environnementaux et à aider les entreprises à mieux comprendre leurs obligations en matière d’environnement.