Journée des réfugiés : le chef de l’ONU appelle à la solidarité et à la compassion

20 Juin 2018 – A l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés qui est célébrée chaque année le 20 juin, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a appelé le monde à ne pas oublier les réfugiés et à montrer solidarité et compassion à leur égard.

Selon le rapport annuel de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), les guerres, les violences et la persécution ont propulsé les déplacements forcés dans le monde vers un nouveau record, avec 68,5 millions de personnes déracinées en 2017. Ce phénomène touche, pour l’essentiel, les pays les plus pauvres.

« En cette Journée mondiale des réfugiés, nous devons tous réfléchir à ce que nous pouvons faire pour aider ces personnes. Pour commencer, nous devons faire preuve d’unité et de solidarité », a dit M. Guterres dans un message.

Le terme « réfugié » fait référence à toute personne qui, « craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays ; ou qui, si elle n’a pas de nationalité et se trouve hors du pays dans lequel elle avait sa résidence habituelle à la suite de tels événements, ne peut ou, en raison de ladite crainte, ne veut y retourner », d’après l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Les réfugiés qui ont fui leurs pays pour échapper au conflit et à la persécution représentent 25,4 millions sur les 68,5 millions de personnes déracinées, soit un accroissement de 2,9 millions par rapport à 2016 et aussi la plus forte augmentation jamais enregistrée par le HCR pour une seule année

Le Secrétaire général s’est dit profondément préoccupé de voir que de plus en plus souvent les réfugiés ne bénéficient pas de la protection dont ils ont besoin et à laquelle ils ont droit. Il a appelé à rétablir le régime international de protection des réfugiés.

« Aujourd’hui, aucune communauté ni aucun pays offrant refuge aux personnes qui fuient la guerre ou la persécution ne devraient se trouver seuls et sans soutien. Sans unité, nous échouerons », a-t-il ajouté.

Cette année, un pacte mondial sur les réfugiés sera présenté à l’Assemblée générale des Nations Unies. Selon le chef de l’ONU, ce sera l’occasion d’avancer sur cette question et de reconnaître tout ce que les réfugiés apportent aux sociétés qui les accueillent.

« Tant qu’il y aura des guerres et des persécutions, il y aura des réfugiés. En cette Journée mondiale des réfugiés, je vous demande de ne pas les oublier. Leur histoire témoigne de leur résilience, de leur persévérance et de leur courage. Notre histoire doit être placée sous le signe de la solidarité, de la compassion et de l’action », a-t-il conclu.

Photo HCR/Socrates Baltagiannis
Youssef, un Kurde iraquien de la ville de Zakho, avec sa femme et ses enfants dans un centre de réception près de Thessalonique, dans le nord de la Grèce.

 

Pour sa part, le Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, a appelé à développer une nouvelle approche pour prendre soin des réfugiés.

Ce sont les populations et les communautés locales qui se retrouvent en première ligne à l’arrivée des réfugiés, a-t-il souligné. « Leur accueil change concrètement des vies – entre le rejet et l’inclusion, entre le désespoir et l’espoir, entre être laissé pour compte et se construire un nouvel avenir. C’est là que commence le partage de la responsabilité à l’égard des réfugiés », a-t-il dit dans une déclaration à la presse.

« Ces communautés sont souvent marginalisées elles aussi, qu’elles se situent dans des zones frontalières isolées ou qu’elles soient dépourvues financièrement. Dans l’immense majorité des cas, elles partagent ce qu’elles ont lorsque les réfugiés arrivent, motivées par la compassion et le sens de la dignité humaine. Et lorsque les gens unissent leurs forces, les résultats dépassent l’espérance », a-t-il ajouté.

Selon M. Grandi, « les pays et les communautés doivent recevoir un soutien plus systématique et durable lorsqu’ils assument la tâche de venir en aide aux familles déracinées. Les réfugiés eux-mêmes doivent être inclus dans leurs nouvelles communautés et se voir offrir la chance de réaliser leur potentiel ». « De plus, des solutions s’imposent pour aider les réfugiés à rentrer chez eux lorsque les conditions le permettent ou à reconstruire leur existence ailleurs », a-t-il ajouté.