Le chef de l’ONU dénonce le nettoyage ethnique qui vise les Rohingyas et appelle le monde à agir

11 Juillet 2018 – Dans une tribune publiée dans le quotidien américain The Washington Post, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, appelle la communauté internationale à offrir une réelle assistance aux Rohingyas victimes de nettoyage ethnique et pas seulement des discours exprimant sa solidarité.« Les expressions de solidarité ne suffisent pas ; les Rohingyas ont besoin d’une aide véritable », écrit M. Guterres dans cet article après s’être rendu la semaine dernière au Bangladesh où il a rencontré des réfugiés rohingyas ayant fui les violences meurtrières dans l’Etat de Rakhine, au Myanmar.

Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres (au centre) rencontre des réfugiés rohingyas à Cox’s Bazaar, Bangladesh le 2 juillet 2018.UNFPA Bangladesh/Allison Joyce

« Rien n’aurait pu me préparer aux récits terrifiants que j’ai entendus la semaine dernière au Bangladesh », déclare le chef de l’ONU. « Un homme, membre de ce groupe ethnique majoritairement musulman, a fondu en larmes en décrivant comment son fils aîné a été abattu devant lui, comment sa mère a été brutalement assassinée et sa maison réduite en cendres ».

Dénonçant ce « nettoyage ethnique », le Secrétaire général rappelle que les Rohingyas ont subi une série de persécutions par leur propre pays, le Myanmar. « Les violations systématiques des droits de l’homme perpétrées par les forces de sécurité au Myanmar au cours de l’année écoulée visaient à semer la terreur parmi les Rohingyas », souligne-t-il.

Selon lui, la réponse à cette crise doit être mondiale afin que le Bangladesh, un pays en développement aux ressources limitées, ne soit pas seul à répondre à cette vague de réfugiés venus du Myanmar.

Pour l’instant, les Nations Unies et les agences humanitaires travaillent de concert avec les réfugiés eux-mêmes et les communautés hôtes pour améliorer les conditions. Mais davantage de moyens sont nécessaires.

M. Guterres rappel que l’appel de fonds humanitaire de près de 1 milliard de dollars n’est financé qu’à hauteur de 26%. « Ce manque d’argent signifie que la malnutrition prévaut dans le camp. Cela signifie que l’accès à l’eau et à l’assainissement est loin d’être idéal. Cela signifie que nous ne pouvons pas fournir une éducation de base aux enfants réfugiés », écrit-il.

Il se félicite de l’annonce par la Banque mondiale de 480 millions de dollars de subventions pour les réfugiés rohingyas et les communautés d’accueil mais demande que la communauté internationale fasse plus.

Selon lui, la crise ne sera pas résolue du jour au lendemain. Il demande au Myanmar de créer les conditions pour le retour des réfugiés. « Cela nécessite un investissement massif – non seulement dans la reconstruction et le développement de toutes les communautés dans l’une des régions les plus pauvres du Myanmar, mais aussi dans la réconciliation et le respect des droits de l’homme », conclut-il.