La lutte contre la tuberculose est gravement sous-financée, estime la numéro deux de l’ONU

Crédit photo : ONU/Eskinder Debebe
Tedros Adhanom Ghebreyesus (au centre), directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), prend la parole lors de la toute première réunion de haut niveau sur la lutte contre la tuberculose. Il est accompagné de Veronika Skvortsova (à gauche

26 Septembre 2018 – La lutte contre la tuberculose est considérablement sous-financée, avec un déficit d’environ 13 milliards de dollars par an, a déclaré mercredi la Vice-Secrétaire générale des Nations Unies, Amina J. Mohammed, lors d’une réunion de haut niveau sur cette maladie, au Siège des Nations Unies à New York. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a qualifié la réunion de haut niveau de progrès sans précédent de la part des gouvernements et de tous les partenaires engagés dans la lutte contre la tuberculose.

Près d’un an après la Conférence ministérielle sur l’élimination de la tuberculose tenue à Moscou en novembre dernier, les ministres et autres dirigeants de 120 pays se sont engagés à accélérer les progrès pour mettre fin à la maladie.

Mme Mohammed a décrit la tuberculose comme une « épidémie vicieuse » qui infecte quelque 10,4 millions de personnes dans le monde et est alimentée par la pauvreté, les inégalités, les migrations et les conflits.

La maladie, a-t-elle ajouté, évolue dans un « cercle vicieux qui nécessitera une approche de tous les systèmes prenant en compte les facteurs sociaux qui perpétuent sa propagation ».

De meilleurs systèmes de santé et de protection sociale et davantage d’investissements sont nécessaires pour mettre fin à la crise sanitaire mondiale et de meilleurs outils sont nécessaires pour surmonter la résistance aux antimicrobiens : quelque 60.000 cas de tuberculose pharmacorésistante sont signalés chaque année.

La Vice-Secrétaire générale des Nations Unies a appelé à une approche visant à mettre fin à la tuberculose en adoptant une approche à l’échelle du système, en promouvant la santé et le bien-être de communautés entières et en éliminant les « silos et objectifs uniques ».

Alors que la tuberculose touche tous les pays et tous les continents, plus de la moitié des nouveaux cas se produisent dans cinq pays seulement. Dans certains pays dont le Mozambique, les Philippines et l’Afrique du Sud, 500 cas sont enregistrés pour 100.000 habitants, alors que dans les pays à hauts revenus, l’on dénombre moins de 10 cas pour 100.000 habitants.

Davantage de progrès attendus

Mme Mohammed a déclaré que les Nations Unies devaient faire beaucoup plus de progrès pour tenir leur promesse de ne laisser personne de côté.

Toutefois, les progrès, a-t-elle ajouté, sont possibles si les efforts visant à mettre fin à l’épidémie reposent sur les meilleures données et données scientifiques, des décisions éclairées, des communautés autonomes et des actions stratégiques et bien financées.

Mme Mohammed a déclaré que l’OMS mènerait des efforts inter-nations pour soutenir les gouvernements, en collaborant avec la société civile et tous les partenaires pour accélérer la réponse à la tuberculose.

Il y a une semaine à peine, le 18 septembre, l’OMS publiait son dernier rapport mondial sur la tuberculose, qui montrait que les pays ne faisaient pas assez pour mettre fin à la tuberculose et que le financement était la pierre d’achoppement la plus urgente.

La réunion s’est conclue par l’adoption d’une ambitieuse déclaration politique sur la tuberculose, approuvée par les chefs d’État, qui vise à renforcer l’action et les investissements pour mettre fin à la tuberculose et à sauver des millions de vies.