Mali : le Conseil de sécurité salue la reprise des négociations prévue à Alger le 19 octobre

Des habitants de la ville de Kidal, au Mali (photo archives 2013) Photo ONU/Mark Garten

Des habitants de la ville de Kidal, au Mali (photo archives 2013) Photo ONU/Mark Garten

17 octobre 2014 – Le Conseil de sécurité des Nations Unies a salué vendredi la reprise du processus de négociations inter-malien prévue le 19 octobre à Alger, dans le but d’arriver à un accord de paix inclusif pour mettre fin à la crise au Mali.

Dans une déclaration à la presse, les membres du Conseil ont salué la rôle de facilitateur joué par l’Algérie, à la demande des autorités maliennes, pour organiser des pourparlers de paix formels et pour réunir le gouvernement du Mali et les groupes armés qui ont signé et adhèrent à l’Accord de Ouagadougou de juin 2013.

« Les membres du Conseil de sécurité ont appelé les parties maliennes à respecter pleinement leurs engagements inscrits dans la feuille de route signée le 24 juillet 2014 et à s’impliquer de bonne foi et avec un esprit de compromis dans les pourparlers de paix à Alger quand ils reprennent », ajoute la déclaration à la presse.

Ils ont exhorté toutes les parties « à respecter pleinement l’accord de cessez-le-feu du 23 mai 2014 ainsi que la déclaration de cessation des hostilités signée à Alger le 24 juillet 2014 et à éviter toute action qui pourrait mettre en péril les perspectives de paix. »

Les membres du Conseil de sécurité ont exprimé leur profonde préoccupation concernant la détérioration de la situation sécuritaire dans le nord du Mali et ont réitéré leur ferme condamnation de toutes les attaques meurtrières contre la Mission des Nations Unies (MINUSMA). Ils ont exhorté les groupes armés à coopérer avec les Nations Unies pour arrêter immédiatement et condamner les attaques contre les Casques bleus, conformément à la déclaration qu’ils ont signée le 16 septembre 2014 à Alger.

De son côté, à la fin de sa troisième visite au Mali, l’expert indépendant des Nations Unies Suliman Baldo a déclaré vendredi qu’il ne fallait pas que la primauté du droit soit remplacée par des arrangements politiques qui se font au détriment des victimes des violations graves des droits de l’homme survenus depuis le début de la crise.

« Les progrès observés au cours de ma deuxième mission en février 2014 dans le domaine du renforcement de l’autorité de l’Etat, du redéploiement de l’administration dans le nord et de la lutte contre l’impunité ont été remis en question suite aux évènements de mai 2014 à Kidal », a affirmé l’expert indépendant.

Au cours de sa visite de dix jours, du 7 au 17 octobre, M. Baldo, qui a pris ses fonctions d’expert indépendant sur la situation des droits de l’homme au Mali le 1er août 2013, a rencontré divers acteurs et responsables. Il a également visité des centres de détention mais n’a pas pu se rendre dans le nord du pays pour des raisons de sécurité.

« Les mouvements armés, y compris les groupes terroristes, reprennent progressivement le contrôle du nord du pays et pour la première fois les contingents de la Mission des Nations Unies (MINUSMA) sont pris pour cible par les groupes djihadistes. Cette situation extrêmement préoccupante éloigne les acteurs humanitaires des populations du nord qui sont ainsi privées de l’accès aux services sociaux de base», a-t-il déclaré. « Des mesures humanitaires d’urgence visant à alléger les souffrances des populations du nord doivent être adoptées par les acteurs politiques réunis à Alger afin de faciliter l’accès des acteurs humanitaires aux populations et d’assurer leur droit à la sécurité, à la santé, à l’éducation et à l’accès à l’eau potable».

L’expert indépendant a également lancé un appel à la communauté internationale afin qu’elle renforce les capacités de la MINUSMA et du gouvernement du Mali afin de sécuriser les nord du pays et de stopper la prolifération des armes et des milices et autres groupes d’autodéfense.

« La fragilité de la situation sécuritaire dans le nord pousse de nombreux groupes, constitués le plus souvent sur une base identitaire, à acquérir des armes pour assurer la défense de leurs communautés. Dans un contexte marqué par des tensions inter et intra-communautaires, qui sont parfois instrumentalisées par les acteurs politiques et sécuritaires, le risque de violation grave des droits de l’homme sur la population civile est particulièrement préoccupant », a dit M. Baldo.

Concernant la Commission nationale des droits de l’homme, l’expert a salué les efforts du gouvernement visant à reformer la commission et la rendre conforme aux standards internationaux. Il a également noté avec satisfaction les efforts en cours portant sur la mise en place des cellules d’écoute juridique afin d’accélérer la procédure judiciaire concernant les crimes commis dans le nord du pays.


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