La FAO appelle à agir contre l’insécurité alimentaire dans les zones de conflit

27 janvier 2015 – L’agriculture et la sécurité alimentaire doivent être traitées comme des composantes essentielles de la consolidation de la paix et de la résolution des conflits, selon le Directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), José Graziano da Silva.

“La sécurité alimentaire est un fondement important de la paix, de la stabilité politique et du développement durable. Dans l’histoire de l’humanité, à maintes reprises, nous avons observé le cercle vicieux liant la violence et la faim, et ce sont des conflits qui ne sont pas délimités par des frontières nationales”, a dit M. Graziano da Silva, lundi, au cours d’une réunion spéciale de la Commission de consolidation de la paix de l’ONU.

Le Directeur général de la FAO a souligné que la sécurité alimentaire peut servir comme «outil de prévention et d’atténuation des conflits» et pour la promotion de la paix et de la sécurité. Des politiques et des actions en faveur de la sécurité alimentaire peuvent non seulement renforcer la résilience et résoudre les conflits, mais elles peuvent aussi prévenir les conflits, a-t-il dit en substance.

«Nous ne pouvons pas attendre une urgence pour réagir. Pour assurer la sécurité alimentaire, nous devons agir avant la crise. Nous ne pouvons pas empêcher une sécheresse de se produire, mais nous pouvons l’empêcher de dégénérer en famine», a ajouté M. Graziano da Silva.

La faim tue beaucoup plus de personnes que la guerre ou le terrorisme, a fait observer le chef de la FAO. A titre d’exemple, entre 2004 et 2009, on estime que 55.000 personnes par an ont perdu la vie en conséquence directe de conflits ou du terrorisme tandis qu’en Somalie, et rien que dans ce pays, la famine a causé la mort de plus de 250.000 personnes entre 2010 et 2012, a-t-il fait remarquer.

L’impact des conflits dans les zones rurales peut être dévastateur pour les cultures, le bétail et les récoltes et se traduit souvent par la destruction des avoirs agricoles et des revenus des ménages.

Et l’impact «des conflits sur la sécurité alimentaire persiste souvent bien longtemps après que la violence a cessé», a dit M. Graziano da Silva.

Vu que l’agriculture demeure, pour la majorité des personnes, le moyen principal de gagner sa vie dans les pays à peine sortis d’un conflit, la réhabilitation et la relance de l’agriculture sont cruciales pour réduire la pauvreté et assurer le développement général.

Plus que jamais, les peuples et les pays du monde entier ont besoin de travailler ensemble pour surmonter les multiples défis interconnectés auxquels nous sommes confrontés, a souligné le Directeur général de la FAO ajoutant que «des partenariats sont essentiels».

 

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