Au Conseil des droits de l’homme, une experte appelle à mieux protéger les enfants

11 mars 2015 – Des millions d’enfants sont victimes d’abus et d’exploitation sexuels, étant soumis à la prostitution, au travail forcé, à l’adoption illégale ou au trafic d’organes, a rappelé mercredi devant les Conseil des droits de l’homme à Genève une experte indépendante des Nations Unies, qui a appelé à mettre fin à ces crimes.

« Des formes anciennes et nouvelles de vente et d’exploitation sexuelle des enfants continuent d’être une réalité dans toutes les régions du monde », a expliqué la Rapporteuse spéciale sur la vente d’enfants, la prostitution des enfants et la pornographie impliquant des enfants, Maud de Boer, lors de son premier discours devant le Conseil des droits de l’homme depuis sa nomination à ce poste l’an dernier.

« Il faut de manière urgente que toutes les parties prenantes, en particulier les États membres, prennent des mesures pour mettre un terme à cette criminalité endémique », a dit l’experte.

Elle a déclaré son intention « de maximiser le potentiel des mécanismes de participation des enfants, tels que les forums et consultations adaptés aux enfants avec les organisations dirigées par des enfants ». Elle a ajouté que les visites de pays sont une partie essentielle du travail car elles aident les États membres à lutter contre la vente et l’exploitation sexuelle des enfants. Elle a l’intention de visiter l’Arménie en mai et le Japon en septembre.

Les enfants étaient au centre des discussions mercredi au Conseil des droits de l’homme, avec la participation également des Représentantes spéciales du Secrétaire général sur la violence contre les enfants, Marta Santos Pais, et sur les enfants et les conflits armés, Leila Zerrougui.

Soulignant le rôle des nouvelles technologies, Mme de Boer a noté que, d’un côté, les enfants utilisent les nouvelles technologies pour accéder aux informations et faciliter leur vie sociale et d’un autre côté, ce nouveau phénomène « facilite également les crimes d’exploitation sexuelle, ainsi que de nouveaux comportements d’exploitation, comme la diffusion en ligne de la maltraitance des enfants ».

Selon elle, les États membres doivent établir des cadres juridiques clairs et complets pour éviter les lacunes en matière de protection en criminalisant explicitement les activités spécifiques d’exploitation pour garantir que les responsables rendent des comptent et pour obtenir « l’effet dissuasif recherché ». Elle a exhorté les pays qui ne l’ont pas encore fait à ratifier et mettre en œuvre le Protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant – une norme minimale de protection des enfants – à travers leur législation nationale.

« Les États membres doivent élaborer des mécanismes de détection, de signalement et d’identification pour qualifier les phénomènes, identifier les victimes et traquer les auteurs », a-t-elle dit, en soulignant combien les numéros d’appel pour les enfants peuvent faciliter le signalement d’abus. Les pays doivent également investir dans la création d’unités spécialisées des forces de l’ordre qui travaillent en étroite collaboration avec les organismes qui sont formés pour travailler avec les enfants victimes.

« Les enfants victimes doivent avoir accès à la justice et aux réparations. Les enfants doivent avoir facilement accès à des mécanismes de plainte et de signalement adaptés aux enfants », a ajouté Mme de Boer.

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