L’Algérie estime que la crise des réfugiés et des migrants constitue un test pour la communauté internationale

23 septembre 2016 – Le Ministre des affaires étrangères de l’Algérie, Ramtane Lamamra, a attiré jeudi l’attention sur les nouvelles menaces à la paix et à la sécurité internationales, jugeant notamment qu’il était crucial de résoudre sans délai la crise des réfugiés et des migrants.

« Des milliers d’êtres humains qui sont con71ga-debate-frtraints, parce qu’ils n’ont pas d’autres choix, à des traversées périlleuses qui ne peuvent être réduites à de simples phénomènes migratoires dont certains imaginent pouvoir endiguer l’ampleur avec les vieux réflexes d’enfermement sur soi et d’exclusion de l’autre », a dit M. Lamamra lors d’un discours au débat général de l’Assemblée générale des Nations Unies.

« Cette situation a valeur de test pour nous tous. Est-ce que les êtres humains sauront s’accepter dans toutes leurs diversités et s’assumer dans un ensemble global, harmonieux et qui se hisse au diapason des exigences de l’universel? » a-t-il demandé.

M. Lamamra a ensuite rappelé la vocation primordiale de l’ONU, qui doit demeurer à la fois le creuset et l’animateur essentiel de l’espoir que met en elle chaque être humain. Sur la nécessaire revitalisation de l’Organisation, il a noté que l’Algérie revendiquait de longue date l’actualisation de ses mécanismes.

« La gouvernance globale, politique, économique, sécuritaire et environnementale doit être réinventée », a-t-il affirmé, en ajoutant que l’audace responsable était garante de succès.

Attirant l’attention sur la situation au Maghreb, il a estimé que le processus de paix conduit sous l’égide de l’ONU au Sahara occidental avait subi, cette année, plusieurs développements négatifs, le Conseil de sécurité ayant, selon lui, perdu toute autorité sur ce dossier. À cette aune, il a rappelé le droit inaliénable du peuple du Sahara occidental à l’autodétermination et il s’est dit confiant dans la capacité des Nations Unies d’honorer au Sahara occidental « l’un de leurs plus brillants succès en y parachevant la décolonisation du territoire ».

Saluant l’adoption du Programme de développement durable à l’horizon 2030 et du Programme d’action d’Addis-Abeba censé en assurer le financement, le Ministre algérien a souligné qu’il était nécessaire de ne pas tarir davantage les investissements vers les pays en développement et que les marchés financiers retrouvent leur stabilité. Ces éléments, a-t-il dit, mettent en danger les niveaux d’aide publique au développement. M. Lamamra a ajouté que les engagements pris par les États de réduire réellement les inégalités commandaient une transformation effective des modèles économiques en vigueur dans « les pays nantis » tenant compte des intérêts de tous.

Il a ainsi estimé que la priorité devrait viser à satisfaire les besoins du continent africain en termes d’accès aux services de base, tels que l’eau et l’électricité. « Nos pays doivent être intégrés aux chaînes de valeurs internationales et de compétitivité économique », a-t-il dit.