Déconfinement : notre comportement, personnel et collectif, déterminera le cours de la pandémie (OMS)

Alors que de nombreux pays assouplissent les restrictions dans la région européenne, l’OMS rappelle que les comportements individuels et collectifs, ainsi que la capacité des gouvernements à écouter leurs citoyens et adapter leurs stratégies, détermineront le cours de la pandémie de Covid-19.

« Il n’y a pas de place pour l’autosatisfaction. Restez vigilants », a déclaré Hans Kluge, Directeur régional de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) Europe.

« La vigilance et une détermination constante à tenir ce virus à distance sont nécessaires autant pendant les périodes de transmission maximales que pendant l’assouplissement des restrictions. Cette vigilance, a ajouté M. Kluge « est une responsabilité qui incombe à l’ensemble de la société ».

Lors d’une conférence de presse, ce jeudi 14 mai, Hans Kluge a donné trois recommandations.

D’abord celle adressée aux communautés : restez vigilants et protégez les acquis. Notre complaisance est le terrain de jeu du virus de la Covid-19.

Ensuite, celle aux décideurs politiques : restez attentifs à ce que font les gens – écoutez, apprenez et ajustez les mesures en conséquence.

Enfin, à nous tous : nous avons tous un rôle à jouer pour tenir la Covid-19 à distance. Notre comportement détermine le comportement du virus.

Près de 39 pays de la zone Europe ont décidé de relâcher les mesures prises pour ralentir la propagation de la pandémie. Cependant l’exemple de la ville de Wuhan en Chine ou celui de la Corée du Sud où de nouveaux cas sont apparus, montrent que montrent que « la résurgence du virus n’est jamais loin, a indiqué Hans Kluge, Directeur régional de l’OMS Europe.

L’OMS recommande aux gouvernements et aux autorités de rester à l’écoute de leurs concitoyens et d’adapter leurs stratégies en fonction des comportements. Les décideurs doivent « trouver des moyens d’écouter leurs populations, de gagner leur confiance et de planifier leurs mesures de lutte contre la pandémie en s’inspirant de ces informations ».

L’OMS a mis à disposition des gouvernements un outil permettant de mener des enquêtes régulières et d’écouter les besoins et les préoccupations des gens. A notre connaissance, 20 pays utilisent cet outil au sein de notre région et au moins 20 en dehors de celle-ci. Les résultats sont révélateurs.

Le Directeur régional de l’OMS a cité plusieurs exemples d’enquêtes auprès des populations comme en Allemagne, aux Pays-Bas, en Irlande ou au Royaume-Uni, qui ont permis d’adapter la réponse des gouvernements et la communication vers le grand public.

« Nous sommes maintenant à la croisée des chemins. C’est le moment où nos actions et notre comportement individuel déterminent le chemin que nous suivons, celui qui nous voit nous diriger vers une nouvelle normalité ou celui qui nous renvoie à des restrictions de nos déplacements et de nos interactions sociales », a déclaré M. Kluge.

Le peuple doit devenir le principal acteur

L’OMS mentionne des rapports faisant état de la méfiance à l’égard des autorités et note que les théories conspirationnistes alimentent les mouvements contre la distanciation sociale et physique.

Certaines personnes, note aussi l’OMS, se comportent de manière trop prudente, limitant par exemple leur recours aux services de santé.

« Lorsque les gouvernements lèvent les restrictions, vous, le peuple, devenez les principaux acteurs. Il s’agit d’une responsabilité individuelle aussi bien que collective », a fait valoir M. Kluge.

« Suivez les recommandations de vos autorités nationales, limitez les interactions sociales, continuez à vous laver les mains, maintenez une distance physique et réduisez les risques pour les plus vulnérables de notre société, les personnes âgées et celles qui souffrent de maladies chroniques sous-jacentes », a-t-il martelé.

A ce jour, l’OMS constate, dans l’ensemble de la région européenne, un ralentissement général de la pandémie. La région totalise 1,78 million de cas confirmés et 160 000 décès, ce qui représente 43 % des cas et 56 % des décès dans le monde.

La Fédération de Russie, le Royaume-Uni et l’Espagne restent parmi les dix premiers pays du monde à avoir signalé le plus grand nombre de cas au cours des dernières 24 heures.

Alors que le risque reste très élevé dans tous les pays de la région européenne, c’est dans l’est de la région européenne que nous constatons une augmentation continue du nombre de cas.